Romance Linguistics Laboratory

University of Ottawa

Department of Lingustics

Paul Hirschbühler and María Luisa Rivero (co-directors)

•The Romance Linguistics Laboratory provides training, office space, and technical support for students and postdocs working in the area of Romance and Comparative Linguistics, as well as in Historical Linguistics.

Linguistics Mini-Conference 2004

•The lab has substantial holdings in the form of books, theses, concordances, and unpublished papers.

 

Conferences

Formal Approaches to Slavic Linguistics (FASL) 12 (University of Ottawa, May 9-11, 2003)

Linguistics Mini-Conference, University of Ottawa, May 26, 2004

 

Current Projects

Interface Issues in Balkan, Romance, and Slavic Linguistics

(Social Sciences and Humanities Research Council of Canada Standard Research Grant 410-2006-0150)

Investigator: María Luisa Rivero

This project deals with typology, morphology, syntax, and semantics, within the perspective of generative grammar. It compares Romance languages like Spanish and Rumanian, Slavic languages like Polish and Slovenian, and Balkan languages like Albanian and Greek.
Within the generative perspective, comparative work is a powerful tool for investigating Universal Grammar, the innate linguistic component in the human mind that accounts for core properties in all languages. When placed within the realm of the scientific study of the mind, research involving detailed formal analyses and comparisons of languages of different families and regions constitutes an important testing ground for advances in linguistic theory that can determine major questions in need of research concerning language universals, grammars in contact and language variation, and our understanding of historical evolution.
Languages in the Balkan region, some Slavic languages, and Romance languages such as Rumanian have received less attention in the recent linguistic literature than English or French. Thus, the languages of interest to this project may not be very familiar to formal linguists, but they differ in challenging ways from the intensely studied languages, and raise interesting questions for linguistic theory. Within this philosophical view, the project will deal with the general organization of Universal Grammar and how its different components interface, and study constructions in Balkan, Slavic and Romance languages that involve the interaction of two or more modules in the grammar, such as syntax in combination with semantics, or morphology in combination with syntax. To illustrate interaction of syntax and semantics let us look at one case of interest to the project. Some South Slavic and Albanian constructions make reference to possible worlds, not the actual world, as in Slovenian Janezu se je jedlo jagode. John.DAT Reflexive be eat strawberries.ACC. This sentence translates as “John felt like eating strawberries”, so refers to a disposition or has intensional semantics; however, it does not contain any overt item corresponding to “feel like” in the English translation. This situation raises questions with philosophical implications about the pairing of form / syntax and meaning / semantics, and makes us wonder about the formal correlates of intensionality in Universal Grammar. A case illustrating interaction of morphology and syntax concerns so-called Person Restrictions involving weak pronouns or clitics. The languages of this project differ in this area. On the one hand, Bulgarian and Spanish share a prohibition excluding 2nd / 1st persons as direct objects, so both Bulgarian *Az im te preporâchvam “I am recommending you to them” and Spanish *Yo os les presento “I am introducing you to them” are judged deviant or ungrammatical, as indicated by the asterisk. On the other hand, Polish does not share such a prohibition so the equivalent of “I introduced you to her” is fine. Such contrasts raise questions as to why Slavic languages fall into two types, and as to why Bulgarian resembles Spanish.
In brief, in this project we wish to examine and analyze in detail similarities and differences in Balkan, Romance, and Slavic languages, and wonder about their deeper explanation in view of Universal Grammar.

Alternance locative et structure événementielle: approche interlinguistique et diachronique

(Social Sciences and Humanities Research Council of Canada grant #410-2004-1870)

Investigator: Paul Hirschbühler

Ce projet porte sur l’alternance locative, une alternance de construction illustrée en (1) en français :
(1) a. Luc a chargé les briques dans le camion. (construction standard)
b. Luc a chargé le camion de briques. (construction croisée)
D’autres verbes dits locatifs n’entrent que dans une des constructions examinées ici (par exemple étendre et décorer), et l’on note des différences entre langues. Par exemple, alors que les verbes signifiant ‘remplir’ ne permettent que la construction croisée dans de nombreuses langues (les langues romanes, les langues slaves, les langues sémiques, l’anglais, etc.), d’autres permettent les deux constructions pour les verbes ayant ce sens (le japonais, le chinois, le coréen, les langues de l’Inde, y compris le védique pour prendre le cas d’une langue ancienne, le malgache, et avec des restrictions, les langues germaniques du nord—allemand, danois, islandais— et l’anglais jusqu’au 18e siècle, etc.). Le but du projet est de mettre en évidence les différences et similitudes dans les possibilités constructionnelles des verbes locatifs et d’en donner une analyse qui contribue à l’affinement de la théorie linguistique dans le domaine des relations entre la sémantique et les constructions dans lesquelles les verbes peuvent apparaître. Le premier volet du projet considère l’alternance en l’absence de processus morphosyntaxiques spéciaux associés au verbe ; le deuxième porte sur l’alternance de construction produite par l’ajout d’un préfixe, en général d’origine prépositionnelle, à un verbe n’entrant sans cela que dans la construction standard ; le troisième concerne l’alternance locative associée à des composés verbaux V1-V2 dans des langues comme le japonais, le coréen et le qazaq.


Impersonal constructions in Balkan, Romance, and Slavic languages

(Social Sciences and Humanities Research Council of Canada grant # 410-2000-0120).

Investigator: M. L. Rivero

This project studies Romance and Slavic reflexive clitics and Albanian and Greek constructions with the nonactive voice, including impersonal and passive sentences . It deals with, for instance, intransitives such as Polish Tutaj sie pracuje, Spanish Aquí se trabaja and Albanian Këtu puno-het. These roughly correspond to “One works here.”, and have equivalents in Romance except in French, in Slavic, and no counterpart in Greek. It studies the different effects of unselected Datives on such constructions, as in Polish Markowi nie pracuje sie dobrze ‘Mark does not work well.’, which has semantic counterparts in Czech/Slovak, a different interpretation in South Slavic and Albanian, and no counterpart in Romance or Greek.

 

• L'érosion de la loi de Tobler-Mussafia en français

(Social Sciences and Humanities Research Council of Canada grant, 2001)

Main investigator: Paul Hirschbühler

Co-investigators: Marie Labelle, M. L. Rivero

Résumé 1

En ancien français, jusqu’au début du XIIIe siècle, les pronoms clitiques objets précèdent le verbe conjugué sauf si celui-ci est en position intiale de phrase, que celle-ci soit déclarative, interrogative ou impérative (ex.: Conois la tu? “La connais-tu?” vs … ensi vous avint il? “Cela vous est-il arrivé de cette manière?”). La “loi” de Tobler-Mussafia décrit l’exclusion des clitiques verbaux de la position initiale de phrase. Le projet, auquel collaborent les professeures Rivero (Ottawa) et Labelle (UQAM), étudie l’affranchissement progressif du français à l’égard de la “loi” de Tobler-Mussafia. La recherche établit les stades de l’évolution qui ont mené à l’état actuel et tente d’expliquer cette évolution à partir de l’interaction entre les propriétés des clitiques et celles de la structure propositionnelle propres à chaque époque. Les analyses possibles sont contraintes par la nécessité d’être compatibles avec l’analyse d’évolutions ou de comportements semblables dans de très nombreuses autres langues, notamment l’ensemble des langues romanes et les langues slaves des Balkans. Un volet spécial est consacré à l’origine et à l’analyse de la variation dialectale existant aujourd’hui dans les impératives négatives sans ne, avec deux variantes principales: clitique postverbal, comme au Canada (achale-moi pas) et dans un petit nombre de parlers régionaux en France, en particulier dans certaines régions de la côte atlantique, ou clitique préverbal, situation de loin la plus courante en France (t’inquiète pas). Cette dernière variante manifeste un certain nombre de singularités particulièrement intéressantes du point de vue théorique, le choix de la négation (pas vs personne par exemple) entraînant une variation dans la position des clitiques, et les clitiques en et y se comportant différemment des autres.


Résumé 2

Le présent projet, mené en collaboration avec les professeures Rivero (Ottawa) et Labelle (UQAM), porte sur un thème classique de syntaxe générale, historique, et comparative. L’objectif principal est d’expliquer l’évolution de la place relative des clitiques objets par rapport au verbe dans l’histoire du français. Cette évolution peut être décrite en référence à la généralisation ou “loi” de Tobler-Mussafia (TM), qui voit la variation entre position préverbale ou postverbale des clitiques objets du plus ancien français comme le résultat d’une contrainte les excluant de la position initiale de phrase. Les changements à cette distribution observés au cours des siècles peuvent être analysés comme découlant de reformulations successives de la loi de TM, qui réduisent son champ d’application, ou comme des épiphénomènes résultant de changements dans la structure propositionnelle et la position du verbe, sans changement dans les propriétés des clitiques eux-mêmes. Le choix d’une analyse est contraint par la nécessité de pouvoir étendre celle-ci à des évolutions ou des comportements semblables dans de très nombreuses autres langues, notamment l’ensemble des langues romanes et les langues slaves des Balkans. L’étude est menée dans le cadre général de la théorie chomskyenne et dans la perspective de la théorie des indices (“cues”) développée récemment par David Lightfoot.