ALLOCUTION

AU LANCEMENT DE L’OUVRAGE

 

LA TERMINOLOGIE AU CANADA :

HISTOIRE D’UNE PROFESSION

 

Maison du Citoyen, Gatineau

Le 7 octobre 2008

 

J’aimerais en premier lieu remercier mon éditeur, Linguatech, pour avoir accepté, en 2006, de publier mon manuscrit avant même que j’en aie écrit la première ligne. C’est un beau témoignage de confiance.

 

C’est la terminologue Rachel Boutin-Quesnel qui a eu l’idée de la rédaction de cet ouvrage. Avec la complicité de Nycole Bélanger, elle a réussi à me convaincre d’écrire l’histoire de la terminologie au Canada, ce qui n’était pas dans mes projets. Ces deux renardes ont usé de flatteries auxquelles, il faut croire, je n’ai pas été insensible, comme le corbeau sur son arbre perché, à qui l’ont fait croire que son ramage n’a d’égal que son plumage. Et elles ont eu le fromage! Contrairement au corbeau, cependant, je ne le regrette pas. C’était une excellente idée qui arrivait à son heure.

 

Merci également à ma « garde rapprochée », mes premiers lecteurs, qui ont accepté de commenter mes chapitres au fur et à mesure de leur production. Cette « équipe du tonnerre » était formée de Nycole Bélanger, Rachel Boutin-Quesnel, Nada Kerpan, Robert Dubuc, Gabriel Huard et Alain Otis, de l’Université de Moncton.

 

Un rapide calcul m’a permis d’établir que ces six personnes cumulent plus de 200 années l’expérience en traduction et en terminologie. Ce n’est pas peu dire. Vous pouvez mesurer toute la richesse de l’expérience dont j’ai profité. Et c’est sans compter la collaboration empressée de dizaines d’autres terminologues, dont la longue liste figure en tête de l’ouvrage.

 

Dans un livre de Roland Dorgelès, Lettre ouverte à un milliardaire, je suis tombé sur cette réflexion : « L’expérience c’est comme les cure-dents, ça ne sert qu’à soi » (p. 10). Faut-il vous dire que je suis en total désaccord avec Dorgelès : l’expérience, ça se partage et les gens d’expérience peuvent être des modèles inspirants, des réserves de connaissances, de précieuses ressources. Je l’ai constaté tout au long de la rédaction de l’ouvrage.

 

Je voudrais adresser des remerciements tout particuliers à Lucie Dubuc. Aux olympiques de la correction linguistique et typographique, elle remporterait assurément la médaille d’or, tant son travail est minutieux et professionnel. Rien ne lui échappe et ses suggestions sont toujours pertinentes. Ce fut un réel plaisir pour moi de travailler avec une personne aussi compétente, aussi rigoureuse et aussi patiente.

 

Je voudrais également offrir un bouquet de remerciements à ma femme qui, au cours des deux dernières années, a dû avoir l’impression par moments de vivre avec un zombie à demi présent. Je la remercie de sa compréhension alors que j’entretenais une relation presque coupable avec une maîtresse exigeante et accaparante, l’histoire.

 

Je m’en voudrais, enfin, de ne pas remercier Robert Dubuc, auteur du tableau qui orne la couverture de l’ouvrage. Son aquarelle, qui décore désormais mon salon, s’intitule « Les chemins de l’expression ».

 

Par ailleurs, l’historien qui veut faire l’histoire de la médecine depuis ses origines doit remonter jusqu’à 2000 ans avant Jésus-Christ. Le point de départ de celui qui entreprend l’histoire de la philosophie se situe en Grèce antique, quelque 500 ans avant Jésus-Christ. En revanche, il suffit à l’historien qui relate l’histoire de la terminologie de remonter aux années 1970. C’est dire la jeunesse de cette nouvelle profession.

 

Le fait que la plupart des architectes de la terminologie en tant que profession soient toujours parmi nous a présenté pour moi un grand avantage. J’ai pu les consulter aussi souvent que je le désirais et ils m’ont fourni une information de première main. Vous conviendrez avec moi qu’il est plus facile d’interviewer Robert Dubuc ou Jean-Claude Corbeil qu’Hippocrate ou Platon... À ce propos, je dois une fière chandelle à Michèle Valiquette qui a réalisé pour moi une bonne vingtaine d’entrevues de terminologues sur la quarantaine réalisée.

 

Comme on le sait, le temps peut avoir un effet déformant. Il lui arrive de repeindre les personnages et de rafraîchir les décors. Il y a aussi ces historiens qui arrangent l’histoire à leur manière et l’embellissent. C’est relativement facile quand les recherches portent sur des événements lointains : l’imagination supplée aux faits vérifiés. C’est plus difficile à faire lorsque les principaux acteurs d’un événement historique récent sont encore présents et qu’ils peuvent témoigner de ce qui s’est réellement passé. L’historien alors ne peut pas tricher et il donne tort à Georges-Émile Lapalme qui prétendait que « l’histoire est l’accumulation de choses fausses dites par des gens qui n’étaient pas là ».

 

L’histoire que vous allez lire est striée de citations de personnes qui étaient bel et bien là, au cœur de l’action terminologique. J’ai tenu à leur donner la parole le plus possible. L’ouvrage renferme aussi de nombreuses photos pour que le passé de la terminologie revive à la fois par les mots et par l’image.

 

Plusieurs ouvriers de la première heure ont tenu à être présents ce soir et sont venus de Montréal, Brossard, Laval et Québec. En tant qu’historien, je ne suis que le « greffier » de la profession. Les personnes que je vais nommer à l’instant en sont, elles, les véritables bâtisseurs. Un lancement célèbre le début de la « vie publique », pour ainsi dire, d’un nouvel ouvrage, mais, ce soir, j’aimerais que l’attention, sans se détourner totalement du livre, se porte aussi sur les personnes qui ont bâti la profession de terminologue au pays. Sans elles, il n’y aurait pas de livre, sans elles, nous ne serions pas ici. Que ce lancement soit pour ces pionniers un témoignage de reconnaissance pour ce qu’ils accomplissent depuis 30, 40, voire 50 ans, toujours avec le même feu sacré, toujours avec la même passion.

 

J’aimerais donc que nous rendions un hommage particulier aux pionniers et aux pionnières qui sont dans cette salle et j’aimerais que ces personnes s’identifient : Lucien Forgues, Robert Dubuc, Monique Héroux, Nada Kerpan, Nycole Bélanger, Jean-Claude Corbeil, Philippe Tessier, Pierre Auger, Louis-Jean Rousseau, Michèle Valiquette.

 

      De g. à dr. : L. Forgue, J.-C. Corbeil, Monique Héroux, Philippe Tessier, Michèle Valiquette, Robert Dubuc,

      Jean Delisle, Louis-Jean Rousseau, Nada Kerpan, Nycole Bélanger, Pierre Auger, Rachel Boutin-Quesnel

 

Si vous ne connaissez pas ces bâtisseurs de la profession, La terminologie au Canada vous les fera connaître. Ces artisans ne sont pas les seuls, bien sûr, à avoir contribué à édifier la profession, mais leur action a été déterminante.

 

Je conclus en vous remerciant d’être venus en grand nombre pour marquer la parution de La terminologie au Canada. Par votre présence, vous rendez aussi un bel hommage à l’ensemble des terminologues.

 

Nada Kerpan a écrit que cet ouvrage est de nature à « révéler la profession à elle-même ». Si c’est le cas, mes efforts n’auront pas été vains. Je peux vous confirmer en tous cas que la profession existe bel et bien et mérite d’être mieux connue.

 

Bonne soirée, bonne lecture et merci de votre attention.