«L'enseignement multimédia»

par François-Pierre Gingras

Département de science politique, Université d'Ottawa

CPSA_Bulletin
Version mise à jour d'un article publié dans le
Bulletin de l'Association canadienne de science politique, XXV:2 (novembre 1996), pp. 51-54


J'ai dit adieu à la poussière de craie!
Fini pour moi le temps des pattes de mouches sur des acétates moches!

Désormais, quelle que soit la matière que j'enseigne (partis et élections, politique provinciale, méthodologie...), non seulement j'évoque (avec ma voix et mes gestes), mais j'illustre (avec des images) dans une approche complètement intégrée où l'ordinateur et la magnétoscope délogent sans regret le tableau (noir ou vert) et le rétroprojecteur. Je suis au royaume de l'infopédagogie ou, si vous préférez, de l'enseignement multmédia.

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Qu'est que l'enseignement multimédia?

Dans l'enseignement assisté par ordinateur, on illustre l'enseignement magistral avec des vignettes informatisées entreposées dans un ordinateur. Ces vignettes peuvent être fixes (des « diapositives numériques ») ou animées (des « clips vidéo »). L'ordinateur peut être un portatif que vous traînez avec vous, un ordinateur installé de façon permanente dans une salle de classe, ou encore un ordinateur éloigné accessible depuis un terminal situé dans la salle de classe.

L'enseignement assisté par ordinateur est l'une des composantes de l'enseignement multimédia. L'autre principale composante est le magnétoscope, mais on inclut aussi le projecteur de diapositives, le projecteur 16mm ou 35mm, le retroprojecteur, le tableau électronique et plusieurs appareils moins répandus.

J'ai adopté l'enseignement multimédia parce qu'il met à ma disposition une grande variété d'outils pédagogiques. Vous limitez-vous au « bouche à oreille » pour vous renseigner sur la politique? Non! Vous lisez les journaux, écoutez la radio et regardez la télévision! Pourquoi nos étudiants et étudiantes seraient-ils réduits à s'abreuver de nos seules paroles quand la technologie actuelle permet une diversité de moyens de communication pour atteindre nos objectifs pédagogiques en salle de classe?

L'enseignement multimédia vise, pour l'essentiel, à favoriser la compréhension de la matière et la réflexion en permettant aux étudiants et étudiantes de mieux visualiser chacun des éléments que je trouve pertinents de leur présenter dans une leçon. L'ordinateur ne me remplace pas: il ajoute une autre dimension à mon enseignement. Même chose pour le magnétoscope.


Préparation d'une leçon multimédia

Prépare-t-on un cours multimédia de la même façon qu'un cours magistral traditionnel? La question est mal posée parce qu'il y a plusieurs façon de préparer un cours magistral traditionnel: certains ruminent longuement la matière mais arrivent en classe sans note écrite, d'autres rédigent littéralement leur leçon mot à mot. Pour un enseignement multimédia efficace, il faut avoir un plan assez précis de ce qu'on veut communiquer aux étudiants et étudiantes ; en général, on prépare d'avance un « module » auquel on fait appel en classe, qu'il s'agisse d'un diaporama informatisé ou d'un enregistrement vidéo. Contrairement à ce qu'on pense parfois, l'enseignement multimédia laisse passablement de flexibilité dans l'enseignement, encore qu'il restreigne les possibilités d'improvisation à la dernière minute. En d'autres mots, pas question de préparer votre leçon alors que vous est pris dans la circulation du matin en route vers l'université...

Il faut d'abord faire le plan détaillé de la leçon, avec une nomenclature des éléments que l'on désire communiquer. Pour chaque notion, on conçoit ensuite une ou plusieurs vignettes informatisées, avec des éléments textuels (mots-clés, citations...) et des éléments graphiques (dessins, photographies, cartes géographiques ou autres images). Les éléments graphiques sont soit dessinés à l'aide d'un logiciel spécialisé, soit numérisés avec un balayeur optique (scanner), soit copiés d'un site Internet. On peut aussi, pendant la leçon, accéder à un site Internet.

Un exemple vécu

Prenons, par exemple, dans le cadre de mon cours sur la politique en Ontario, la leçon sur les origines du parlementarisme dans cette province. On peut consacrer plusieurs vignettes informatisées à ce thème, sans compter l'exploration de l'Internet et le diffusion d'extraits d'enregistrements vidéo:

  1. Citation de la Proclamation royale de 1763 où il est question de faire élire une assemblée quand on le jugera opportun. Dans un coin de la vignette, on voit le portrait du roi George III (copié d'un site Internet).
  2. Résumé des raisons pour lesquelles cette assemblée ne voit pas le jour tant que les Canadiens (catholiques de langue française) demeurent majoritaires dans l'ensemble du territoire de la colonie.
  3. Carte de l'immigration loyaliste de 1775 à 1784. Cette carte est tirée d'un manuel d'histoire.
  4. Illustration d'époque montrant des loyalistes en route vers leur nouvelle demeure. Il s'agit d'une image tirée d'une banque d'illustrations accessibles sur le site Internet du Gouvernement de l'Ontario: http://www.gov.on.ca/MBS/graphics/.
  5. Résumé des revendications des marchands britanniques établis depuis la Conquête et des loyalistes arrivées de plus fraîche date en faveur de l'élection d'une assemblée.
  6. Carte de l'évolution démographique de la colonie de 1763 à 1791. Cette carte est basée sur une carte d'époque copiée d'un site Internet, sur laquelle j'ai surimposé des diagrammes en bâtonnets de couleur pour représenter les changements démographiques ; un bon logiciel et un peu de pratique suffisent à produire des petites merveilles!
  7. Résumé des motifs amenant la Couronne britannique à diviser la colonie en Bas-Canada à majorité franco-catholique et Haut-Canada à majorité anglo-protestante.
  8. Accès direct à Internet au site « Voici l'Ontario : Histoire » : http://www.gov.on.ca/MBS/french/look/ont-hist/index.html. Ce site porte sur la création du Haut-Canada ; on y trouve des liens vers diverses images dont il s'agit de juger de la pertinence en fonction de l'intérêt exprimé par les étudiants et étudiantes et du temps disponible ; mais attention! la digression est facile! On peut aboutir aussi bien à une illustration d'époque de la première assemblée législative réunie à Niagara-on-the-Lake en 1792, qu'à une carte géographique des colonies britanniques nord-américaine à cette même époque ou encore au portrait de Simcoe, premier lieutenant-gouverneur du Haut-Canada.
  9. Organigramme décrivant les structures de l'administration coloniale dans le Haut-Canada mises en place par l'Acte constitutionnel de 1791.
  10. Illustration d'époque montrant le premier parlement du Haut-Canada à York (Toronto). Il s'agit d'une image copiée d'un site Internet, en l'occurrence les collections numérisées du Rescol (réseau scolaire) canadien: http://collections.ic.gc.ca/F/subject.asp (Note : de temps à autres, on modifie les sites Internet et il est toujours plus prudent de copier sur un disque rigide l'image désirée que de se fier à l'adresse où on l'a vue la première fois).
  11. Résumé des intérêts défendus par les partisans d'un pouvoir exécutif fort.
  12. Noms et portraits des principaux acteurs politiques du Haut-Canada favorables à un pouvoir exécutif fort. Les portraits sont tirés de divers sites Internet.
  13. Résumé des intérêts défendus par les partisans de la primauté de l'assemblée.
  14. Noms et portraits des principaux acteurs politiques du Haut-Canada favorables à la primauté de l'assemblée. Les portraits sont tirés de divers sites Internet.
Et ainsi de suite...

Au moment opportun, on peut présenter des extraits d'enregistrements vidéo sur la rébellion réformiste dans le Haut-Canada en 1838 ou sur les parallèles à établir entre les rébellions dans le Haut et le Bas-Canada. Une cassette de 29 minutes produite par Radio-Canada (émission Le Point) porte précisément sur cet aspect.


Pour réussir une leçon assistée par ordinateur

Que faut-il pour réaliser une présentation réussie? Certaines qualités personnelles, des ressources matérielles et beaucoup de temps.

Pour présenter en classe votre cours assisté par ordinateur, il faut une salle de classe bien branchée avec de l'équipement et des logiciels compatibles avec ceux que vous avez utilisés pour la préparation de la leçon.

La réaction étudiante? Enthousiaste, si je la juge d'après la réaction à mes cours. En réalité, elle est si enthousiaste que, dans mes séminaires de fin de premier cycle, la moitié des « exposés oraux » se font maintenant avec PowerPoint et les vidéos tournés et montés par les étudiants et étudiantes n'ont plus rien d'exceptionnel. Un groupe a même produit un vidéo de 30 minutes sur « le droit de vote au Canada » de si bonne qualité que je l'ai utilisé dans un autre cours!

Vous aimeriez juger vous-même du résultat? Pourquoi ne pas assister à un cours multimédia offert par quelque collègue de votre faculté? Informez-vous! Et puis, vous êtes toujours les bienvenus dans mes cours!

Vous pouvez aussi visiter les pages de mon site Internet: http://aix1.uottawa.ca/~fgingras/ en particulier mon carnet d'adresses CyberSciences Po, ma bibliographie de l'enseignement en français de la science politique BIBLIOPOL, divers textes et documents d'intérêt public, ainsi que du matériel destiné à mes cours de premier cycle.


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Je me ferai un plaisir de répondre à vos questions si vous m'écrivez à fgingras@uottawa.ca.


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Conception et réalisation de cette page : François-Pierre Gingras, professeur au Département de science politique de l'Université d'Ottawa.

Dernière mise à jour : le 10 novembre 1999.


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