UNIVERSITÉ D'OTTAWA
Département de science politique
SOCIÉTÉ POLITIQUE CANADIENNE -- POL 2601 B
de septembre 1996 à avril 1997
Professeur François-Pierre Gingras
Les revendications
des communautés francophones minoritaires
Plan de la leçon
1. L'histoire
2. Les nombres
3. La question linguistique en Ontario
4. Aujourd'hui.
1. L'histoire: (a) premiers établissements français en Acadie
- Troilus de La Roche de Mesgouez à l'île de Sable (Nouvelle-Écosse), 1598
- Pierre Du Gua De Monts à la baie française (de Fundy), 1604.
- Champlain et De Monts fondent Port Royal, 1605 (Ordre de bon temps, 1607).
1. L'histoire: (b) quelques temps forts en Ontario
- Sainte-Marie-chez-les-Hurons (1615).
- Nombreux postes français dont les forts Frontenac (Kingston). Brûlé (Toronto), Niagara, Détroit (Windsor), Sainte-Anne (lac Supérieur), Bourbon (baie d'Hudson).
- 1783: première école française à L'Assomption-de-la-Pointe-de-Montréal-du-Détroit (Windsor)
- 1792: premier député franco-ontarien, François Raby.
- 1837: première école française à Bytown (Ottawa).
- 1858: premier journal franco-ontarien (Le Progrès d'Ottawa).
- Nombreuses associations et manifestations patriotiques à la fin du XIXe siècle.
Élisabeth Bruyère
Fondatrice de 25 institutions, dont les Soeurs de la Charité d'Ottawa (1845) et l'Hôpital général d'Ottawa (1860).
Jos Montferrand
Homme fort (1802-1864), draveur sur l'Outaouais et bagarreur célèbre pour ses exploits contre les immigrants irlandais et écossais embauchés par des entrepreneurs forestiers rivaux.
Monseigneur Guigues
Supérieur des Oblats, premier évêque de Bytown (1848) et fondateur du Collège de Bytown (1848; plus tard, l'Université d'Ottawa).
2. Les nombres
- Il y a à peu près autant de francophones en Ontario que dans les huit autres provinces et territoires à majorité anglophone réunis.
- Le poids relatif des Franco-Ontariens vient loin derrière celui des Acadiens du Nouveau-Brunswick.
- En Ontario, les francophones sont très minoritaires:
5% d'après la langue maternelle
3% d'après la langue d'usage.
![["Francophones_dans_les_provinces"]](../graph/assimil1.gif)

- Les Franco-Ontariens s'assimilent bien davantage que les Acadiens du Nouveau-Brunswick., mais moins que les autres francophones minoritaires.
- Dans presque toutes les communautés francophones, on s'assimile de plus en plus vite.
![["Assimilation_1991"]](../graph/assimil3.gif)
![["Assimilation_1971_et_1991"]](../graph/assimil4.gif)
3. La problématique de la question linguistique en Ontario
(a) Les politiques anciennes
Le gouvernement a bien des actions à se faire reprocher...
- 1885 - L'anglais devient obligatoire pour les enseignants
- 1889 - Les manuels de langue française ne sont plus autorisés
- 1890 - La loi impose l'anglais comme langue de communication dans les écoles «à moins que l'élève ne comprenne pas l'anglais».
1910 - Fondation de l'Association canadienne-française d'éducation de l'Ontario (ancêtre de l'ACFO). Pour accéder au site Internet de l'ACFO, cliquer sur le logo à droite: |
![["ACFO"]](../graph/acfologosm.gif) |
- 1912 - Adoption du Règlement 17 faisant de l'anglais l'unique langue d'enseignement en Ontario.
- 1913 - Lancement du quotidien Le Droit, publié d'abord par l'ACFÉO et soutenu par les Oblats, un journal catholique et français qui mobilise les Franco-Ontariens dans leurs luttes scolaires.
Depuis 1983, Le Droit appartient à UNIMÉDIA (une filiale de Hollinger, Inc., propriété du financier Conrad Black). Son tirage moyen est de 12 000 copies en Ontario et 28 000 au Québec. Pour accéder au site Internet du Droit, cliquer ici:
- 1916 - Résistance au Règlement 17 par les soeurs Desloges à l'école Guigues (fermeture, occupation) qui a été déclaré monument historique (et qui abritera des services aux aînés francophones dès 1997).
- 1923 - Jeanne Lajoie, engagée pour enseigner le français à Pembroke, est congédiée par le conseil scolaire dès son arrivée; elle fondera l'école «libre» Jeanne-d'Arc, une des nombreuses écoles franco-catholiques à voir le jour à cette époque.
- 1927 - Amendement du Règlement 17
- 1944 - Abolition du Règlement 17.
3. La problématique de la question linguistique en Ontario
(b) L'origine de la Loi 8 et son rapport avec la problématique du fédéralisme
- La problématique de la langue: toujours au coeur des débats constitutionnels au Canada.
- Une tradition ontarienne récente: porter bien haut le flambeau d'un fédéralisme canadien souple, tolérant et pluraliste.
Au palier fédéral...
- 1967 - Commission royale d'enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme
- 1969 - Loi sur les langues officielles.
En Ontario...
Dans l'effervescence constitutionnelle des années 1970 et 1980, les autorités politiques ontariennes croient pouvoir redorer le blason de l'Ontario comme foyer d'un fédéralisme tolérant en accordant un traitement presque exemplaire à leur minorité francophone.
- 1968 - Premiers services en français offerts officiellement par le Gouvernement ontarien:
Français autorisé à l'assemblée législative.
Conseils consultatifs de langue française dans les conseils scolaires.
- 1969-1980 - Accroissement des services en français, mais...
Conflits scolaires Sturgeon Falls, Cornwall, Windsor-Essex, Penetanguishene.
- 1977 - L'ACFO demande une loi-cadre conférant au français un statut officiel
- 1977 - Premier procès en français.
- 1978 - Le député Albert Roy dépose un projet de loi privé assurant des services en français. Le premier ministre William Davis le fait rejeter en affirmant:
«Les intérêts des Franco-Ontariens sont mieux protégés par une politique d'accroissement graduels des services que par une déclaration symbolique de bilinguisme qui créerait de l'amertume».
- 1981 - Pendant que, sur la scène fédérale, on débat le projet de rapatriement de la Constitution, incluant une charte des droits et libertés, le gouvernement de l'Ontario promet des politiques et des programmes spéciaux visant à améliorer la prestation de ses services en français.
- 1982 - Charte canadienne des droits et libertés
- l'article 23 garantit aux minorités linguistiques officielles l'instruction dans leur langue;
- l'article 16(3) encourage les législatures provinciales à favoriser la progression vers l'égalité de statut ou d'usage du français et de l'anglais.
La politique des petits pas
- 1984 - Loi sur le bilinguisme dans les tribunaux judiciaires.
- 1984 - William Davis annonce le parachèvement du financement des écoles secondaires catholiques.
- 1986 - Loi sur la gestion francophone au sein des conseils scolaires.
- Mai 1986 - Le ministre québécois Gil Rémillard énonce les cinq conditions du Québec pour signer la Loi constitutionnelle de 1982
- Mai 1986 - Le gouvernement ontarien dépose le projet de loi 8 sur les services en français (qui entrera en vigueur après un délai de trois années pour sa mise en oeuvre. Le député-ministre libéral d'Ottawa-Est Bernard Grand'maître est considéré comme le «père de la Loi 8».
3. La problématique de la question linguistique en Ontario
(c) La Loi 8
Pour accéder au site Internet de la Loi de 1986 sur les services en français, cliquer sur le logo à droite |
![["Office_des_Affaires_francophones"]](../graph/ofa.gif) |
De 1986 à 1989, le gouvernement de l'Ontario...
- appuie l'Accord du lac Meech
- associe la protection des droits des minorités francophones hors Québec à la reconnaissance d'un espace francophone au Québec
- qualifie les minorités francophones de «caractéristiques permanentes et essentielles du tissu constitutionnel canadien».
3. La problématique de la question linguistique en Ontario
(d) Le bilinguisme et le multiculturalisme
- Quelques leaders d'opinion croient que la Loi 8 s'inscrit non seulement dans le cadre d'une politique de bilinguisme mais aussi d'une ouverture au multiculturalisme et que la mode de se préoccuper des droits des minorités bénéficierait aux francophones eux-mêmes.
- En revanche, la commuanuté francophone d'Ontario n'est pas homogène et on assiste à la création d'une Association francophone multiculturelle de l'Ontario, qui ne se reconnaît pas dans les revendications de l'ACFO.
4. Aujourd'hui
- Conflits sur la gestion des écoles et des programmes d'enseignement en français (conseils scolaires de langue française)
- Faible recours aux services judiciaires en français
- Ottawa est-il bilingue?
- Progression de l'assimilation
- Controverse autour du rôle de l'ACFO
- Impact des compressions budgétaires sur les services en français
La francophonie est-elle encore clandestine? Colloque du Centre de recherche en civilisation canadienne-française de l'Unversité d'Ottawa sur la participation politique des minorités canadiennes-françaises le 7 mars 1996: cliquez
ici ou sur le logo à droite pour plus de renseignements. |
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Renseignements complémentaires sur les communautés francophones minoritaires du Canada

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François-Pierre Gingras comme synopsis d'une leçon.
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