L'éducation a toujours été le point central des
revendications des communautés francophones minoritaires canadiennes,
en particulier en Ontario.
On vient de franchir une nouvelle étape.


Ottawa, le 14 janvier 1997
Les Franco-Ontariens obtiennent enfin le contrôle de leurs écoles
Une décision historique
JULES RICHER
Presse Canadienne

Les francophones de l'Ontario pourront désormais gérer eux-mêmes leurs écoles.

En présentant son ambitieuse réforme du système scolaire, hier, le ministre ontarien de l'Éducation, John Snobelen, a annoncé la création de sept nouveaux conseils scolaires francophones à travers la province et l'agrandissement du territoire des quatre conseils qui existent déjà.

Du coup, toutes les écoles françaises de la province passeront sous la tutelle exclusive des francophones. À l'heure actuelle, la plupart d'entre elles sont rattachées à des conseils anglophones, soit à une soixantaine de conseils différents.

Snobelen
PRESSE CANADIENNE
Le ministre ontarien de l'Éducation,
John Snobelen.

Les associations franco-ontariennes n'ont pas tardé à crier victoire. «Ce geste est louable et fait preuve de courage», a affirmé André Lalonde, président de l'Association canadienne-française de l'Ontario.

Selon M. Lalonde, la province a finalement compris qu'elle devait se plier aux exigences constitutionnelles en matière de gestion scolaire par les francophones. «L'Ontario est la dernière province à assumer ses obligations en matière d'éducation établies par la Charte canadienne des droits et libertés», a-t-il rappelé.

Réclamée depuis 1885

Pour sa part, Rémi Lessard, président de l'Association française des conseils scolaires de l'Ontario, n'hésite pas à qualifier la décision d'historique. «On réclamait la gestion depuis 1885», a-t-il déclaré.

M. Lessard ne s'attend pas à de «mauvaises surprises» à l'égard, par exemple, du financement.

«La réforme offre la gestion par et pour les francophones, assortie d'un financement équitable. (...) La chance nous est donnée d'établir notre propre style de gestion et de définir ce qu'est la qualité de l'éducation en langue française», a-t-il dit.

La réforme annoncée hier est ambitieuse à tous les chapitres. Selon les termes du projet de loi, les conseils anglophones verront, à l'inverse des conseils francophones, leur nombre diminuer substantiellement, de 125 à 55.

Le nombre de conseillers scolaires à travers la province sera aussi réduit, de 1900 à 700, et leurs honoraires plafonnés à 5000 $ par année.

Changement encore plus marquant: les impôts fonciers résidentiels [pour fins scolaires] disparaissent. Les commerces et entreprises continueront néanmoins à payer des impôts scolaires. Le reste du financement sera comblé par la province.

Un programme de réduction des coûts administratifs, dont les détails restent à venir, sera mis en place afin de consacrer plus de ressources aux dépenses dans les salles de classe.

Rappelons que quatre conseils scolaires francophones existent déjà. On en compte deux dans la région d'Ottawa (un catholique et un public), un dans l'Est ontarien et un autre dans la région de Toronto. Leur territoire sera agrandi. Par exemple, ceux d'Ottawa s'étendront jusqu'à Kingston.

Deux nouveaux conseils publics et trois conseils catholiques seront créés dans le Nord de la province. Dans le Sud, on verra apparaître quatre nouveaux conseils catholiques. En vertu de la Constitution, l'Ontario est tenu de financer des écoles catholiques séparées.


L'est de l'Ontario sous gestion scolaire française

Victoire pour les Francos

DENIS GRATTON
LeDroit

Les Franco-Ontariens auront la gestion complète de leur éducation, partout en province, à compter du 1er janvier 1998.

Le ministre de l'Éducation de l'Ontario, John Snobelen, a fait cette annonce historique, hier matin, en dévoilant la création de sept nouveaux conseils scolaires de langue française. Au total, 11 conseils francophones géreront l'éducation des étudiants franco-ontariens partout en province, mettant ainsi fin à des décennies de revendications de la communauté francophone de l'Ontario.

«Journée historique»

«Ces 11 conseils scolaires de langue française remplaceront le fouillis que composent les quatre conseils, 59 sections et huit comités consultatifs de langue française qui sont en place actuellement», a déclaré le ministre Snobelen.

Les présidents des conseils scolaires catholique et public d'Ottawa-Carleton ont accueilli cette nouvelle avec joie et ont qualifié la journée d'hier de «journée historique» pour les Franco-Ontariens.

Le combat du Droit

«Le quotidien LeDroit a été fondé en 1913 pour défendre le droit à une éducation en français en Ontario. Avec cette annonce, aujourd'hui, la dernière page de ce chapitre de notre histoire est enfin tournée», a déclaré le président du Conseil des écoles catholiques de langue française d'Ottawa-Carleton, Dominic Giroux, [un étudiant en science politique à l'Université d'Ottawa].

«Il s'agit d'une journée historique, a-t-il ajouté. Aujourd'hui, le gouvernement respecte pleinement nos droits constitutionnels en matière de gestion scolaire, c'est une excellente nouvelle.»

Le président du Conseil des écoles publiques d'Ottawa-Carleton (CEPOC), Denis Chartrand, a pour sa part tenu à féliciter le ministre Snobelen pour ce profond changement au système d'éducation français en Ontario, mais il s'est toutefois dit un peu déçu de voir qu'on ne comptera que quatre conseils publics pour toute la province, alors que le système catholique comptera sept conseils en Ontario.

Territoire immense

D'ailleurs, le CEPOC a du pain sur la planche au cours de la prochaine année puisqu'il a hérité d'un territoire immense qui s'étendra de Belleville à Cornwall, en passant par Hawkesbury et Renfrew.

«C'est très grand comme territoire et je sais que ça créera certains problèmes administratifs. Mais ce sont des problèmes que nous serons heureux de résoudre», a dit M. Chartrand.

Le conseil catholique d'Ottawa sera également agrandi pour représenter quelque 1300 élèves de plus des régions est-ontariennes allant jusqu'à Kingston.

«C'est une fusion de notre conseil avec les sections de langue française de ces régions, a expliqué le président Giroux. Je suis persuadé que nous tirerons réciproquement des avantages de cette fusion.»

«L'immensité de ce territoire soulève de nombreuses préoccupations. Nous examinerons les moyens que le gouvernement mettra à notre disposition afin que la mise en oeuvre se réalise dans les meilleurs conditions», a-t-il ajouté.

Financement

D'autre part, les détails des méthodes de financement pour ces 11 conseils scolaires de langue française ne sont toujours pas connus, mais les présidents des deux conseils d'Ottawa ont applaudi la disparition des inéquités au financement.

«Il faudra toutefois s'assurer que les francophones, comme minoritaires, soient traités équitablement. Il faudra être très vigilant au cours des prochains mois», a commenté M. Chartrand.

«Nous n'avons toujours pas les détails du financement, mais le gouvernement nous assure que la nouvelle méthode de financement sera beaucoup plus équitable entre francophones et anglophones, a enchaîné M. Giroux.

Mauvaises nouvelles

«On nous assure que les subventions seront les mêmes pour tous les étudiants de l'Ontario, qu'ils soient anglophones ou francophones, ou encore d'un milieu rural ou urbain, et que l'enveloppe financière que nous recevons présentement ne sera pas réduite», a-t-il conclu.

Par ailleurs, les anglophones de l'Ontario n'ont guère apprécié cette réforme de l'éducation, puisque le nombre de conseils scolaires de langue anglaise en Ontario sera réduit de 129 à 55.

Mauvaise nouvelle également pour les conseillers scolaires, francophones et anglophones, qui verront leur salaire gelé à 5000 $ par année.

Les conseillers scolaires francophones d'Ottawa reçoivent présentement de 15 000 $ à 17 000 $ annuellement. De plus, le nombre des conseillers scolaires dans la province passera de près de 1900 à environ 700.


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La mise en page a été modifiée et quelques mots entre [crochets] ont été rajoutés
par le professeur François-Pierre Gingras
à l'intention du grand public
et en particulier de ses étudiants et étudiantes du cours «Société politique canadienne» à l'Université d'Ottawa.

Page mise à jour le 16 octobre 1997.

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