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Éloge de Boutros Boutros-Ghali

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Boutros Boutros-Ghali DOCUMENT
Éloge de Son Excellence Boutros Boutros-Ghali,Secrétaire général de la Francophonie, à l'occasion de la remise du Doctorat honoris causa de l'Université d'Ottawa, le 13 juillet 2001 [affichage original : http://www.uottawa.ca/services/markcom/nouvelles/2001/010713a-f.html, 13 juillet 2001], reproduit sur le site Cybermétho, par François-Pierre Gingras avec l'autorisation de Service du marketing et des communications de l'Université d'Ottawa.


Juriste, universitaire et auteur, il s'est mis au service des nations du monde à un moment où toutes les institutions internationales vivaient des transformations profondes. On peut déjà dire de lui qu'il est un des grands défenseurs d'une mondialisation plus démocratique, plus humaine, plus respectueuse des différences. Peu d'hommes et de femmes ont fait preuve d'autant de dévouement, de ténacité et de courage au service de la paix dans le monde que Son Excellence monsieur Boutros Boutros-Ghali.

Fils de l'Égypte, il puisera chez les siens sa force, ses principes, son désir de savoir et son désir d'agir. Membre d'une famille de la haute bourgeoisie copte, il a été élevé dans un environnement qui valorisait autant l'instruction que le service de l'État. Son aïeul fut trésorier à la cour du khédive, le vice-roi d'Égypte et son grand-père, premier ministre du pays, a contribué à l'ouverture de l'Égypte à l'Occident. Que ce soit dans le monde universitaire ou dans celui de la diplomatie, chaque geste de Boutros Boutros-Ghali a été imprégné d'un extraordinaire sens du service. Son objectif est resté le même : améliorer le monde et l'aider à évoluer.

C'est dans le milieu universitaire qu'il a commencé sa carrière. M. Boutros-Ghali a obtenu une licence en droit à l'Université du Caire puis un doctorat en droit international à l'Université de Paris. Il est également titulaire de diplômes en sciences politiques, en sciences économiques et en droit public. Pendant 28 ans, il a été professeur de droit international et de relations internationales à l'Université du Caire et il a donné des conférences dans nombre d'universités sur tous les continents. Titulaire d'une bourse de recherche Fulbright à l'Université Columbia, directeur du Centre de recherche de l'Académie de droit international de La Haye et professeur invité à la faculté de droit de l'Université de Paris, M. Boutros-Ghali est l'auteur de plus de cent publications sur les affaires régionales et internationales, le droit, la diplomatie et les sciences politiques. Il a fondé deux revues scientifiques de réputation internationale et dirigé de nombreux groupes de réflexion.

Appelé au gouvernement par le président Sadate en 1977, il occupera d'abord les fonctions de ministre d'État aux affaires étrangères puis celles de vice-premier ministre chargé des affaires étrangères. Son premier grand défi sera de préparer et de négocier ce qui restera dans l'histoire comme l'acte de paix le plus spectaculaire et le plus riche de conséquences des dernières décennies : les accords de Camp David signés par l'Égypte et Israël en 1979. Son coup d'essai fut un coup de maître et donnera le ton aux années qui viendront. Monsieur Boutros-Ghali dirigera la délégation égyptienne aux réunions de l'Organisation de l'unité africaine, du Mouvement des pays non alignés, aux Nations-Unies ainsi qu'à la Conférence au sommet des chefs d'État français et africains. Durant toutes ces années, il ne dérogera jamais de son objectif fondamental : la paix.

À partir du 1er janvier 1992, il poursuivra son oeuvre à l'ONU dont il devient le Secrétaire général. Il procédera à une remarquable modernisation de l'appareil de l'ONU au moment même ou l'institution traverse une grave crise politique et financière. Sur le front diplomatique, il vivra les conflits haïtien, somalien et yougoslave; il négociera de main de maître la paix au Cambodge et il contribuera à rétablir la paix au Mozambique, au Salvador et au Guatemala. Il sera le premier à parler de génocide au Rwanda. Pour attirer l'attention du Nord sur des conflits qui font plus de victimes mais qui ont le malheur d'être loin des préoccupations des pays riches, il aura le courage de parler « des guerres des riches et de celles des pauvres raquo;. On lui doit aussi les grandes conférence internationales de Rio sur l'environnement, du Caire sur la démographie et de Copenhague sur le social.

C'est à Hanoï, en novembre 1997, lors du septième Sommet des chefs d'État et de gouvernement ayant le français en partage, que ceux-ci font appel à ses services et l'élisent premier Secrétaire général de la Francophonie. Dès son arrivée à la tête de l'Organisation, la diversité culturelle et linguistique entre dans le discours officiel de la Francophonie. La Francophonie doit être accueillante et ouverte au dialogue pour pouvoir s'épanouir : « J'attache la plus haute importance à ce dialogue interlinguistique et interculturel, déclarait-il, car il me semble à l'origine de la légitimité de tous les idéaux que veut défendre la Francophonie au sein de la communauté internationale. (...) Les cultures, ce sont d'abord des viviers de valeurs et de représentations où nous puisons notre imaginaire et notre action. Car la culture ne doit pas être un appendice de l'action gouvernementale, elle doit en être l'essence et le support. (...) La culture est aussi politique, car il est bien évident qu'elle est, pour tous les peuples et toutes les nations, la grande école de la paix ! »

Ardent promoteur de la diversité culturelle, M. Boutros-Ghali défend le pluralisme linguistique. Selon ses propres termes, « le plurilinguisme est une spécificité de l'Organisation internationale de la francophonie.En défendant le plurilinguisme, nous défendons la langue française ».

C'est dans cet esprit qu'il a tenu des rencontres extrêmement fructueuses entre les mondes francophone, arabophone, hispanophone et lusophone. C'est également dans cet esprit qu'il travaille à une grande convention d'échanges culturels entre pays francophones pour assurer que la francophonie s'épanouisse dans un monde où les cultures s'entraident et grandissent dans le respect de leurs différences.

Au cours de sa longue carrière, Boutros Boutros-Ghali a reçu les honneurs de nombreux pays et de nombreuses universités qui ont reconnu en lui l'universitaire, le politicien, le diplomate et le brillant homme de culture qui ne s'est pas contenté d'être un observateur éclairé de notre monde contemporain, mais qui a contribué à son façonnement. L'Université d'Ottawa est honorée de pouvoir, à son tour, accueillir cet homme d'idées, cet homme d'action, cet homme de paix.

C'est pour ces raisons, madame le Chancelier, qu'au nom du Sénat de l'Université d'Ottawa, je vous présente pour le grade de docteur de l'Université, Son Excellence monsieur Boutros Boutros-Ghali, Secrétaire général de la Francophonie.

Jean-Michel Beillard
Vice-recteur aux relations universitaires et au développement
Université d'Ottawa
le 13 juillet 2001



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Comment citer cette page

Jean-Michel Beillard, « Éloge de Son Excellence Boutros Boutros-Ghali, Secrétaire général de la Francophonie » [13 juillet 2001], communiqué reproduit par François-Pierre Gingras,
http://aix1.uottawa.ca/~fgingras/cybermetho/doc/boutros-eloge.html, Cybermétho, 18 octobre 2001.


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